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SARCLO : " L'amour est un commerce, mais la
décharge est municipale " (EPM Musique, France, 2001) NS1129 Pour
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Avec un titre choc à la Thiéfaine et un avertissement
aux susceptibles auditeurs, Sarclo, fidèle à lui-même, annonce sans
ambages la couleur. On n'en attendait pas moins de ce Suisse atypique
sévissant depuis vingt ans (nommé alors Sarcloret) sur les chemins de la
chanson buissonnière. Cet éternel oublié des hit-parades au pays des
coucous et d'ailleurs, ce tendre funambule fait fromage de tout ce qui
passe et de tout ce qui vient. La vie " Une maladie courte et
rigolote ", l'amour " Furieuse et
belle ", la bêtise humaine " Faut-il apprendre
à nos enfants ", les gardes chiourmes " Les
nains de jardins " sont autant de prétextes à
l'indignation sans jamais oublier l'humour, arme fatale ! En franc-tireur,
il n'hésite pas une seconde à se payer la tête de ses congénères
chanteurs qui tapissent leurs rengaines en rose bonbonnière. Pieds de nez
ravageurs, confidences crève-coeur, bottage de culs aux bien-pensants.
Sarclo, au cœur de la meule, tranche un fameux morceau d'humanité à
déguster derrière les vitrioliques pitreries d'un verbe impudiquement
nu, insolent sous un éclairage cru. Album poupées russes, mélodiquement
divers où Stéphane Block (autre Suisse oublié) signe des arrangements
subtils.
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Patrick COUTIN : " Industrial blues " (Universal, France, 2001) NC6778 (réf. Médiathèque)Pour
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" Tout lasse, tout casse et tout s'efface
sauf le souvenir " (extrait plage 2 " Regarde
le mur ") Constat froid, lucide, cruel ! Pourtant, il
regardait les filles qui marchaient sur la plage dans les années 80.
Maintenant, le chanteur a le blues, il drague les mères solitaires dans
les jardins d'acclimatation. Le chanteur a des bleus à l'âme et nous les
livre. L'heure du bilan a sonné, ce sont des choses qui arrivent ! Le
présent qui se mélange au futur et le futur qui se mélange au passé.
Bien sur des histoires d'amour, de désir. Des traces sur des draps
froissés, tellement peu de choses devant l'éternité… Une fille seule
au fond d'un bar, un possible ? Peut-être ! Un train qui ne reviendra
jamais. Un " ne m'oublie pas ", un " aime-moi ".
Banal… ou légitimement humain… Coutin, avec un savoir-faire certain,
tricote ses chansons clichés en blues uni, tonalité dominante d'un album
attachant.
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LES OGRES DE BARBACK & LES HURLEMENTS D'LéO :
" Un air, deux familles " (Latcho Drom, France, 2001) NO2745 Pour
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" La Famille ", voilà le maître-mot qu'affectionnent particulièrement tous les complices de ce nouveau courant de la chanson française cimenté, il y a dix ans, autour du groupe " Les Têtes Raides " qui bâtissait les fondations d'un genre actuellement incontournable annonçant le renouveau de la chanson réaliste, littéraire, engagée; habillée de métissages musicaux. " La Famille ", pas celle du showbiz où l'on s'appelle " coco " non ! Celle du besoin de partage, du cœur et des tripes sur la table, celle des différences mélangées avec respect et bonheur. Celle comparable aux gens du voyage, à ceux du cirque, libre de vivre et non de se regarder vivre. Celle qui devient le creuset d'une création éclectique, mariant théâtre, chanson, musique, arts de la rue, expressions artistiques diverses. Palette chatoyante, plaisir d'offrir et de recevoir. Une association " Le chapiteau Latcho Drom " voit le jour en 1998 sur l'initiative des Ogres de Barback. Dans cette salle de spectacle itinérante, ces saltimbanques baladent leur vaisseau de toile aux quatre coins de France. À cette aventure généreuse viennent, comme par osmose, se greffer des affinités électives. Et c'est naturellement que les Hurlements D'Léo se joignent aux " Ogres " pour enregistrer cet album sous ce chapiteau.Hormis quelques reprises, les compositions sont communes tant pour les textes que pour l'habillage sonore. Collaboration intime dans ces chansons qui font leur quotidien, qui illustrent leurs aspirations profondes. " Un jour toutes nos chansons vous désarmeront / Il n'y aura plus qu'la folie, la joie et l'anarchie " (Extrait plage 8 " Rue de Paname "). (Brigitte Lebleu, Charleroi)
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Bertrand BETSCH : " B.B. Sides " (Visionary Records, Pays-Bas, 2001) NB2732 (réf. Médiathèque)Pour
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Milan Kundera dans son roman
" L'immortalité " opposait " route "
à " chemin ". Il s'appliquait à dire que le
monde contemporain était comparable à une route, avec la nécessité
d'un " plus vite " rendu possible entre deux points
déterminés. Alors que l'essence même d'une existence goûtée se
révèle en musardant, en respirant sous-bois et chemins forestiers, en
prenant conscience du pas posé l'un après l'autre donnant un sens à la
progression, où l'Homme dans sa globalité s'enrichit, s'imprègne de
sensations fortes et durables. Dans le panorama de la chanson française,
j'aimerais dire qu'il y a, comme partout dans l'acte de création, des
artistes " route " et d'autres " chemin ".
Ceux qui optent pour l'efficacité ou ceux qui, comme Bertrand Betsch,
Stéphan Bloch, Jean Bart… font partie de ces flâneurs de l'existence.
A l'origine, le 2e opus de Betsch après " La soupe
à la grimace " fut commandé par la maison de production
" Lithium " qui projetait de créer une compilation de
reprises interprétées par divers chanteurs. L'idée tombe à l'eau mais
Betsch se laisse prendre au jeu. Outre une reprise de Dominique A, de
Leonard Cohen, de Lou Barlow, il y ajoute deux poèmes et des compositions
personnelles. Chansons réappropriées qui lui vont comme un gant /
composition d'innocentes comptines pour adultes / musiques
répétitives où les percussions scandent subtilement la
" lancinance " du verbe (" Quand je
reviendrai ") / interprétation attachante teintée d'accordéon
caressé, de boîte à musique, de violons aériens, atmosphère à la
" Tiersen " pour un superbe texte de Paul Eluard
" Sinon, il n'y aurait rien ". Un album patchwork où
les coupons de chansons juxtaposés les uns aux autres mélangent
harmonieusement les contraires.
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JULIETTE : " Le festin de Juliette "
(Polydor, France, 2002) NJ8507 Pour
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Juliette ! Irrésistible Juliette ! Frondeuse peste,
pie moqueuse, reine mère du jeu de massacre, ogresse de la rime acide,
ciseleuse du verbe gourmand, jouisseuse du rythme polymorphe. Avec
délectation et jubilation; Juliette, châtaigne de mer dans un gant de
velours, nous convie pour ce 6e opus au festin. Cette
impertinente garce sait, c'est un fait, dresser le couvert. Pour ces
agapes, la dame et son complice Bernard Joyet nous concocteront des mets
raffinés. Le buffet sera baroque. Ici, pas de nouvelle cuisine frugale,
ce sera ample de plaisirs, de chocs gustatifs. Notre tendre Gargantua en
jupon, sans vergogne, nous saoulera de bourrée auvergnate, de mariachi,
de flamenco indianisant, d'arabisantes volutes avec darbouka et autre
fabliau " Retour à la nature ". Elle nous présentera
le trou normand sur lit de boîte à musique. Sans nous laisser de répit,
en sarcophage, elle nous déclinera avec saveur " L'éternel
féminin ", ce ne sera pas du plaisir superflu. Ehontés, nous
nous réjouirons de tous les artifices de l'humour, du jeu de mots, sans
omettre la poésie. Avec " Impatience ", nous nous
abandonnerons aux chants des sirènes. Et dans un dernier soubresaut de
bienséance, afin de remercier la maîtresse de maison, nous nous
enquérirons de son absence et, au festin, nous comprendrons que
l'important était la fin. " A l'éternel repos dans le dernier
repas / ma vie sera dissoute dans chacun de ces plats / mon sang
assombrira le ténébreux civet / épicé de remords et poivré de
regrets ".
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