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__CHANSON FRANÇAISE__

 

sélection du mois de juin 2002

consulter d'autres numéros... François AUDRAIN - Marcel KANCHE - Renaud Papillon PARAVEL - LES HURLEMENTS D'LEO - Erik ARNAUD
   

 

François AUDRAIN : " Détachée "
(Tôt ou Tard, Allemagne, 2001)

NA7887 (réf. Médiathèque)

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L'égérie

Détachée

Premier album pour cet ancien professeur d’histoire et de géographie qui nous fait découvrir un univers de poésie assez sombre aux sonorités électroniques (avec de temps en temps des violons pour souligner le côté mélancolique des textes). Il se situe entre Etienne Daho (pour la voix) et Kat Onoma (pour l’ambiance). Un album qui fait mouche dès la première écoute.
(Thierry Moutoy, Uccle)

 

 

 

 

 

Marcel KANCHE : " Lit de chaux "
(Comotion, France, 2001)

NK0393 (réf. Médiathèque)

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La marée à Marie

J'en ai marre

Marcel Kanche est l'un de ces artistes de la chanson française qui, lorsque vous l'avez découvert, ne vous lâche plus ! Il vous colle aux tripes, vous trouble par sa singularité. On ne peut s'empêcher d'y revenir. Un peu comme un Léo Ferré qui, sans conteste, a marqué son parcours. A l'instar de ce dernier, Kanche est totalement ignoré des programmations radiophoniques depuis dix ans ! Peut-être ceci explique cela. Sans concession, cet artisan de l'ombre aurait très bien pu n'écrire que des chansons de tiroirs, mais l'urgence de l'interprétation s'imposait telle une démarche thérapeutique. D'abord compositeur pour les " Nonnes troppo " et " Néry " ensuite parolier de son ami Arnaud Méthivier, il se révèle, en 1990, dans un premier album " Je souris et je fume ", viendront ensuite " Henriette " en 1992 et " Kanche " en 1996. Dans ces trois albums, cet introverti  parle  de l'essentiel avec une innocence étrange et profonde. Sa voix multiforme chante, ricane, graille, susurre ou chiale. Ses musiques décalées, toujours étonnantes, évoquent tantôt Comelade, Satie, Ravel ou celle des kiosques à musique. Pour ce dernier opus, Kanche change d'école. Ayant exploré le fauvisme aux couleurs pures et aux touches autonomes simplifiant les formes et perspectives, il se jette nu, fragile, dans l'impressionnisme. Travaille le motif, en plein air, en lumière, en petites touches divisées, de natures changeantes. L'énergie s'est dépolarisée, métamorphosée en un chant intime, lancinant, moins à fleurs de tripes mais étonnamment puissant par sa retenue. Une mélancolie certaine (à la Murat, Bashung ou Manset) égrenée, teintée de valses lentes " La marée à Marie " ou de rock jazzy " Prends tes regrets ". Paysage sonore interprété par des musiciens au jeu délicat : Mathieu Chédid (guitare), John Greaves (basse), Arnaud Méthivier (accordéon), Vincent Ségal (violoncelliste de 48 Caméras) et un texte d'Eugène Savitzkya (parolier et vocal du même groupe) : " De la glaise ".
Album d'un artiste atypique à découvrir d'urgence.
(Brigitte Lebleu, Charleroi)

 

 

Renaud Papillon PARAVEL : " La surface de réparation "
(Impala, France, 2002)

NP0891 (réf. Médiathèque)

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Si tu viens

Marcher pieds nus sur un légo

Renaud Papillon Paravel, (designer de pochettes de disques), autoproduit son premier album aux textes ciselés et ciblés, aux rythmes électro lents, tanguant entre pop/rock, country/blues et reggae. Récitatif lancé tel un coup franc sur la surface de réparation. Chansons totem d'un dernier Mohican roulant en Chevrolet " Impala " sur des lost highways polarisées. Chansons appels / happantes / haletantes. Impressions photographiques / clichés crus aux couleurs surexposées. Planche contact d'une vie bizarre. Gouttes de sueur perlant au cœur de l'intimité. Plaisirs des sens / quête charnelle du Graal à tête de femme / sensualisme ravageur et faiblesses attachantes. Climat pulsatif à l'ombre flottante d'un Gainsbourg. Album suggestif à l'érotisme franc.
(Brigitte Lebleu, Charleroi)

 

 

 

 

LES HURLEMENTS D’LÉO : " La belle affaire "
(Madame Léo, Belgique, 2000)

NH8592 (réf. Médiathèque)

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Ici, ailleurs

La belle affaire

Ha ! La belle affaire que voilà ! Second opus pour Les Hurlements d'Léo qui, tout comme les Ogres de Barback, la Tordue et Les Têtes Raides ont tété les seins de la même nourrice ! Celle- là même qui, généreuse aujourd'hui, offre sans compter ce lait java/rock qui nourrit abondamment une multitude de groupes français ayant (c'est certain) compris que le breuvage est plaisant et vitaminé à " l'air du temps ". Mais si frères de lait il y a, tous ne jouent pas dans la même cour ! Celui-là est costaud, il ne cède pas à la facilité du " tout à la joie ". Il affirme son originalité en alternance entre fanfare et ballades intimistes, entre l'univers de Marcel Carné et l'énergie d'un Kusturica. Leurs histoires, très cinématographiques, sont de celles qui revisitent un répertoire réalisé début de siècle, manière Fréhel et Damia. Un fond de désespoir sous une lune blême. Histoires " Underground " à rouler sous la table en se saoulant de cuivres débridés.
(Brigitte Lebleu, Charleroi)

 

 

 

Erik ARNAUD : " Comment je vis "
(Labels Music, Belgique, 2002)

NA6722 (réf. Médiathèque)

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En 1998 Erik Arnaud annonçait déjà la couleur de son désespoir dans un premier album " 1998 Amerik ", album comète dans le paysage du star système. Avec " Comment je vis ", il persiste et signe. Il affine ses propos qui se caractérisent par une réaction du sentiment contre la raison, ils réclament la libre expression de la sensibilité et prônent le culte du " moi " en opposition à " l'idéal " classique. Romantique il sera ou alors il ne sera rien. Entre le doute (" Comme au cinéma "), la peur de franchir le pas, d'être téléguidé, formaté (" Fais comme on te dit ") et cette nausée qui monte du constat de la crétinisation voulue (" French musique "), à mi-chemin entre Murat et les ex-Diabologum (Expérience); Il nous livre un album pessimiste à la pop légère et délicate. Ciselée de guitares nerveuses, servie par des musiciens de qualité et d'une remarquable réalisation de Monte Vallier, ex-bassiste de Swell. Une sensualité froide parée d'une délicate désillusion.
(Brigitte Lebleu, Charleroi)

 

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