|
|
| consulter d'autres numéros... | |
|
TUE-LOUP : « Tout
nu » NT8344 Pour
connaître la disponibilité de ce média, cliquez ici : Pour entendre des extraits,
cliquez sur le titre de votre choix : |
Cette
volonté de se délester, de s’alléger, de larguer les amarres du
folk/rock des débuts étayant une écriture dense et pessimiste se présageait
déjà avec l’album Penya. Voici venu le point d’orgue d’une
démarche « authentique », d’un abandon volontaire, d’une
mise à découvert. Un dépouillement certain tendant à préserver l’émotion,
tendant à la rendre « naturellement » préhensible, telle la
sensation du chaud de l’été sur la joue, la perception olfactive des
moissons…Tous ces petits riens qui enracinent, rassurent et
transportent. Quiétude élégante sous influences rurales où flottent
plus que jamais les fantômes de Kerouac et des écrivains beatniks. Une
appropriation réussie et prolongée des songwriters ruraux des États-Unis.
Délaissant les guitares électrisées au profit de l’acoustique,
pratiquant avec équilibre l’harmonica et le chant lascif, Xavier Plumas
et son groupe nous immergent dans un blues/folk minimaliste où l’écriture
tranchante sans être bucolique affectionne les réflexions douces-amères, « ces
délicatesses cinglantes » sur les rapports amoureux et les méandres
de ses chemins tortueux. Ce n’est ni Cali, trop enclin à malmener les
Belles, ni Delerm, le gendre parfait, pas assez acide pour Miossec, aussi
brumeux que Murat.
|
|
Jeanne CHERHAL : "Douze
fois par an" NC3096 Pour
connaître la disponibilité de ce média, cliquez ici : Pour entendre des extraits, cliquez sur le titre de votre choix : |
Sortie de sa chrysalide nattée, la
nymphe polychrome déploie avec jubilation ses élytres irisés au prisme
d’humeur taquine et d’esprit frondeur. Cette
tellurique métamorphose valait l’attente ! Tout est bon
chez elle… sur l’île déserte, il faut tout emporter… Un talent
scénique affirmé, le chaud et l’attirant d’une écriture volcanique
en suspension et collante à la fois. L’investigation lucide et sans déférence
de ces peccadilles qui cimentent les collusions universelles. Le
sautillant et frétillant d’une interprétation passant avec insolence
de la douce gravité à l’espièglerie mutine. Bien plus qu’attendu,
bien plus qu’intéressant, le dernier Cherhal garde sous sa fraîcheur
une volonté d’exploiter divers registres. Une autorisation
d’affirmation « encore fragile » qui, sous la houlette de
Vincent Segal, se recentre pour affiner ce qui est déjà présent, un
auteur-compositeur-interprète aux aptitudes évidentes. Et… le
bruissement d’aile d’un papillon à Paris peut provoquer un raz-de-marée
à Tokyo…
|
Copyright © La
Médiathèque, 2004