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__CHANSON FRANÇAISE__

 

sélection du mois de juin 2004

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TUE-LOUP : « Tout nu »
(Village Vert, France, 2004)

NT8344

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Les sardines

Campesino

Cette volonté de se délester, de s’alléger, de larguer les amarres du folk/rock des débuts étayant une écriture dense et pessimiste se présageait déjà avec l’album Penya. Voici venu le point d’orgue d’une démarche « authentique », d’un abandon volontaire, d’une mise à découvert. Un dépouillement certain tendant à préserver l’émotion, tendant à la rendre « naturellement » préhensible, telle la sensation du chaud de l’été sur la joue, la perception olfactive des moissons…Tous ces petits riens qui enracinent, rassurent et transportent. Quiétude élégante sous influences rurales où flottent plus que jamais les fantômes de Kerouac et des écrivains beatniks. Une appropriation réussie et prolongée des songwriters ruraux des États-Unis. Délaissant les guitares électrisées au profit de l’acoustique, pratiquant avec équilibre l’harmonica et le chant lascif, Xavier Plumas et son groupe nous immergent dans un blues/folk minimaliste où l’écriture tranchante sans être bucolique affectionne les réflexions douces-amères, « ces délicatesses cinglantes » sur les rapports amoureux et les méandres de ses chemins tortueux. Ce n’est ni Cali, trop enclin à malmener les Belles, ni Delerm, le gendre parfait, pas assez acide pour Miossec, aussi brumeux que Murat.
(Brigitte Lebleu, Charleroi)

 

 

Jeanne CHERHAL : "Douze fois par an"
(Tôt ou Tard, Pays-Bas, 2004)

NC3096

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Un couple normal

Rural

Sortie de sa chrysalide nattée, la nymphe polychrome déploie avec jubilation ses élytres irisés au prisme d’humeur taquine et d’esprit frondeur. Cette  tellurique métamorphose valait l’attente ! Tout est bon chez elle… sur l’île déserte, il faut tout emporter… Un talent scénique affirmé, le chaud et l’attirant d’une écriture volcanique en suspension et collante à la fois. L’investigation lucide et sans déférence de ces peccadilles qui cimentent les collusions universelles. Le sautillant et frétillant d’une interprétation passant avec insolence de la douce gravité à l’espièglerie mutine. Bien plus qu’attendu, bien plus qu’intéressant, le dernier Cherhal garde sous sa fraîcheur une volonté d’exploiter divers registres. Une autorisation d’affirmation « encore fragile » qui, sous la houlette de Vincent Segal, se recentre pour affiner ce qui est déjà présent, un auteur-compositeur-interprète aux aptitudes évidentes. Et… le bruissement d’aile d’un papillon à Paris peut provoquer un raz-de-marée à Tokyo…
(Brigitte Lebleu, Charleroi)


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