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Sylvie Chenard / Jon Asencio :
« Océan à vendre » (Ambiances
Magnétiques, Canada, 2002)
UA8315
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Boucles à la dérive sur les flots d'un océan de disques à
vendre. Expression en survie qui tente de garder la tête hors de l'eau.
Expression qui boit la tasse. Sous-marin qui prend l'eau. Torpillé. Mécanique
boiteuse qui perd les pédales. Vision périscopique affolée. Fléchissement
progressif du rythme tubulaire. On est entraîné vers les bas-fonds. On
coule de manière insidieuse. Quasi en apesanteur. Abandonné. La guitare
continue à fouiller l'espace tel un sonar. Renvoie des images floues.
Reliefs escarpés. Gouffres. L'écho du passé réapparaît. « Ambient »
fantomatique. Dans le secret des mers.
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Chenard,
Poulin, Tétreault, St-Onge :
« Océan pour la suite »
UC3097
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Symphonie
océane, la suite.
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Pierre-Yves MacÉ : « Faux jumeaux » UM0078
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Rencontre. |
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John
ZORN : « Filmworks XIII :
Invitation to a suicide »
UZ7195
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Film
factice. Fantasmagorie. La musique éveille en nous des images. Double
perception [audition / vision] souvent indissociable. Zorn joue le jeu de
cette ambivalence. Il fouille l'imaginaire aussi bien auditif que visuel.
C'est le treizième volume des filmworks
et ce n'est sans doute pas le dernier ! Un nouveau moment, histoire de
se rendre compte. On est bercé tout au long du disque par une mélodie légère.
Flottante dans l'air. Sans gravité apparente. Impalpable. Elle s'insinue
de manière inconsciente. Elle nous colle à la peau de manière
autoritaire. Zorn traque cette frontière. Il nous suspend au balancier du
temps, assure la synchronisation des musiciens. La mélodie va et vient de
manière cyclique [redondance des thèmes]. Elle nous donne le tournis.
Impression de déjà vu, déjà entendu. Envoûtement voire exorcisme.
Zorn semble vouloir se détacher de la spirale.
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Aki Takase /
Konrad Bauer : « News from
Berlin »
(Victo, Canada, 2002)
UT0235
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Duo
frétillant [ piano / trombone ].
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Ramon Lopez
: « Duets 2 : Rashaan Roland Kirk » UL7978 |
Le
percussionniste prodige espagnol se place en fils inspiré du génial
iconoclaste, le multi-instrumentiste Roland Kirk.
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Uri
CAINE & Concerto Köln :
« Diabelli Variations (Ludwig van Beethoven) » UC0274 |
Uri
Caine propose une version gourmande, à facettes multiples, des Diabelli
Variations. Il en fait une vaste demeure orchestrale brillante. Pleine
de chambres magiques, de passages secrets. Citations, références qui
glissent. Apparitions qui ravissent. À l’intérieur, au piano, il joue
à cache-cache, se déguise, improvise. Il insuffle des convergences vers
Bach, vers Mozart, vers le jazz (bien sûr). La musique comme auberge
espagnole pétillante. C’est tonique, ludique, plein de bonheur.
Magistral. (Profitez-en pour comparer avec l’une ou l’autre interprétation
classique).
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Myriam
ALTER : « If » UA4533 |
Des musiques de Myriam
Alter. Délicates intersections latines, orientales, juives, sud-américaines,
jazz, classiques... Sensibles dérives dansantes. Comme des souvenirs qui
prennent lentement corps. Avec des musiciens qui savent extraire les émotions
cachées, les faire venir. Finesse. Raffinement. Des feelings hors du
commun (Saluzzi, Cohen, Baron…). Transcription, arrangements de Pierre
Vaiana. Moment agréable.
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Rozemarie Heggen & Terrie Ex :
« Fiets» UH4226 Rozemarie
Heggen, contrebasse – Terrie Ex, guitare
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C’est
un jeu de cordes très aéré, rien de confiné, rien de reclus, rien de
convenu. Qui débouche sur des propositions très ouvertes qui donnent
l’impression d’entendre du neuf, des zones cordées nouvellement défrichées. |
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Paal
Nilssen-Love & Mats Gustafsson : « I love it when you snore » UN7516 Paal Nilssen-Love, percussion –
Mats Gustafsson, baritone sax |
Un
percussionniste et un baryton voudraient parler paisibles, stables. Mais
voilà, ce n’est qu’embûches, trous d’air, crocs en jambes, queues
de poissons, chutes de corps, entraves, quiproquos, méprises, dérapages,
pannes et poisse. Tout fout le camp. En lambeaux gonflés à l’hélium.
Alors ça énerve. La tension monte, ça bout dangereusement. Ce qui
devait ronfler tranquille frise la rupture pétaradante. Hoquets explosifs
en sauts élastiques. Roulements de mécaniques dépenaillées, hérissées.
Colériques, aux bégaiements brutaux, contondants, mordants.
Mitraillettes du souffle excédé. Duo merveilleusement pugnace, hargneux.
Comme s’exprimant avec des instruments magnifiquement en loques !
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Copyright © La Médiathèque, 2003