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______MONDE______
sélection
du mois de mai 2003
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Patrice MARZIN, Soïg
SIBÉRIL, Jean-Charles GUICHEN
(Breizh, France, 2002)
MP2992
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Trois
excellents musiciens, trois guitares qui sonnent à merveille, trois
regards sur les répertoires
bretons, le tout dans une complicité d’échanges entre ces regards posés
sur trois fois six cordes. On a déjà parlé de Soïg Sibéril et de son
jeu souple et sonore à souhait. Le revoici entouré de deux autres
guitaristes bretons de renom et leurs guitares s’emballent ensemble,
souvent acoustiques, plus rarement électriques, se succédant, se répondant,
s’épaulant, se chevauchant, s’écoutant… avec une aisance parfaite
et un plaisir tangible, comme si ces trois instruments gambadaient côte
à côte depuis la plus tendre enfance.
Tradition bretonne et compositions s’enchevêtrent avec une
cohésion remarquable parce que l’esprit est breton, les envolées sont
celles qu’autorisent les ridées, plinn et autres suites de Loudéac.
Un disque de plaisir, de cordes sonnantes et jouissantes, de musiciens en
pleine maturité, en pleine force. Un régal.
(Etienne Bours, Services musicaux)
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Lin
YOUREN : « Music for the qin zither »
(Nimbus, Grande-Bretagne, 2000)
MV6920
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Dialogue
of fisherman and woodcutter
Wild
geese descending on the sandbank
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Le
qin est une de ces longues cithares que l’on rencontre souvent en Extrême-Orient.
Cet instrument et ses sept cordes tendues sur toute la longueur de la
caisse de résonance sont un véritable symbole de la tradition chinoise,
irrémédiablement lié à un art de vivre qui date des pratiques de la
cour impériale.
Lin Youren est de ces musiciens capables d’évoluer entre tradition et
modernité. Il peut dès lors improviser sur une simple idée, une
impression. Mais il est également maître dans l’art d’une musique évocatrice.
Les thématiques musicales chinoises ont cette façon suave de décrire
instrumentalement un vol d’oies, le flot des eaux, la conversation entre
un pêcheur et un oiseau, voire même la nuit d’ivresse d’un marin.
Tout est en finesse, en images sonores subtiles, en couleurs délicates.
Une musique à méditer.
(Etienne Bours, Services musicaux)

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Niamh
PARSONS : « In my prime »
(Green
Linnet, USA, 2000)
MR8383
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In
my prime
Lakes
of coolfin
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Depuis quelques années, Niamh Parsons a posé sa voix sur un
répertoire profond, grave, celui de l’histoire des gens de chez elle,
sur la verte Irlande. Avec une rare économie de moyens, un sens immense
de la mélodie et de la retenue, elle donne vie à des personnages, elle
expose des drames anciens, elle raconte des tragédies ou des amours
passionnées.
En grande interprète de la ballade traditionnelle, elle nous délivre des
parcelles de vie, finement chantées, appuyées de guitares, violon,
accordéon, mandoline, harmonica ou d’un simple piano. Ici et là, elle
lance sa voix a capella dans une chanson qui tient debout toute seule. Un
disque vrai et paisible.
(Etienne Bours, Services musicaux)
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Comunidad
Pachamama : « Wayra :
Musiques des Indiens Yampara et Charkas »
(Colophon Records, Belgique, 2000)
MG8580
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Huayno
Virgen
Pachamama
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Un
disque du label Colophon. C’est une démarche engagée, politique, pour
nous emmener à la découverte des cultures et des musiques des peuples de
la terre.
Voici des musiques, rencontrées à même le sol, des Quechuas de Bolivie,
des musiques qui sentent la terre, qui ponctuent le calendrier agraire.
Des musiques qui disent la mémoire d’un peuple, déjà métis, toujours
indien. Ici se jouent d’étonnantes flûtes ayant chacune un rôle, des
tambours, des Sonnailles; tandis que le chant transpire la vie. De
carnavals en rites dédiés à Pachamama, la terre mère, de fêtes en cérémonies,
on évolue dans un monde dont le sens s’exprime aussi par la musique.
Une musique vraie, dure comme la terre, chaude comme le soleil de midi sur
les hauts plateaux.
(Etienne Bours, Services musicaux)
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Jean-François DUTERTRE :
« Chansons traditionnelles de Normandie »
(Buda Records, France, 2002)
MP7254
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Jean-François
Dutertre fait tellement partie du paysage de la chanson traditionnelle
française que l’on serait tenté de l’oublier. À tort !
Heureusement, le chanteur est habité de son répertoire et de son chant
dont il distille les trésors au fil des ans. Cette nouvelle parution
viendra rejoindre les précédentes avec la même force, la même
conviction, le même intérêt et des qualités sans cesse renouvelées.
Dutertre chante magnifiquement bien. Il a un style personnel que la
maturité lui a appris à délester des effets superflus. Pas de maniérisme,
pas de démonstration inutile mais ce juste dosage d’émotion, de
retenue, de vibration sensible qui montre que le chanteur connaît son répertoire
bien plus qu’il ne le visite. Tous ces chants viennent des collectes
effectuées en Normandie dans les années 70, une Normandie riche en
traditions mais aussi une terre qui alimenta l’émigration vers le
Canada. Dutertre chante ces pages du passé (racines du présent) avec une
belle passion.
Il est rejoint par Yvon Guilcher et Jean-Loup Baly pour le chant et par
Denis Gasser et Philippe Gibaux qui joignent leur guitare et violon à la
vielle ou à l’épinette du chanteur.
Un disque indémodable.
Dutertre a fait partie du groupe Mélusine.
(Etienne Bours, Services musicaux)
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Forest
Music, northern Belgian Congo -
1952
Mayogo,
Meje, Azande, Bobwa, Alur, Balendu, Lokele
(Sharp Wood Productions, Pays-Bas, 2001)
MM5085
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L’Afrique
des années 50.
Les musiques africaines ont-elles évolué ? Ce que nous entendons
aujourd’hui est essentiellement le travail d’un certain nombre de
chanteurs, souvent intéressants, qui privilégient une expression adaptée
à notre époque, ne reniant pas nécessairement leurs racines, mais les
coulant quand même dans un moule musical très international. Ce qu’on
appelle musiques ethniques ou musiques traditionnelles semble être réservé
aux spécialistes. Et pourtant ces musiques sont présentes dans les
discographies accessibles sous nos latitudes. Pour le prouver, il existe
une collection merveilleuse qui, sous le label Sharp Wood Productions,
vous propose de découvrir les enregistrements que fit Hugh Tracey en
Afrique centrale et en Afrique australe dans les années 50. Un matériel
de plus de deux cents LP engrangés uniquement dans les universités.
Aujourd’hui, onze CD, et plus à l’avenir, offrent une masse de découvertes
à travers diverses thématiques et régions, le tout avec un livret très
documenté (en anglais). Les anciennes colonies belges y sont très bien
représentées. Cherchez Sharp Wood Productions, vous y découvrirez ce
que musique africaine veut dire !
(Etienne Bours, Services musicaux)
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