Les Touaregs et le Sahara

3. Les hommes du désert

Le Sahara ce n’est pas seulement la beauté des crépuscules, l’ondulation sensuelle des dunes, les caravanes des mirages. C’est aussi un pays où le niveau de vie est l’un des plus bas du monde, où la mortalité infantile est la plus élevée (trente-cinq pour mille, contre moins d’un pour mille dans les pays industrialisés. Où l’eau des puits est amère, où l’on se délecte de l’eau plus douce, de la pluie. Vivre au désert ce n’est pas seulement devenir semblable à un monde dur, hostile, impitoyable. Cela c’est la légende de l’homme bleu, guerrier indomptable, capable de survivre sur une terre où la chaleur dépasse cinquante degrés, où le taux d’hygrométrie est voisin de celui de la Lune. Capable de reconnaître son chemin sans repères, en regardant le ciel et les étoiles, capable de distinguer un caillou à des distances vertigineuses. Un homme courageux, généreux et cruel comme le monde qu’il habite.

Vivre au désert c’est aussi apprendre à être sobre, apprendre à supporter la brûlure du soleil, à porter sa soif tout un jour, à survivre sans se plaindre aux fièvres et aux dysenteries, apprendre à attendre, à manger après les autres, quand il ne reste plus sur l’os du mouton qu’un tendon et un bout de peau. Apprendre à vaincre sa peur, sa douleur, son égoïsme…. Mais c’est aussi apprendre la vie dans un des endroits les plus beaux et les plus intenses du monde, vaste comme la mer ou comme la banquise.

Un lieu où rien ne vous retient, où tout est nouveau chaque jour, comme l’aurore qui illumine les schistes, comme la chaleur qui brûle dès le matin jusqu’à la dernière seconde de jour. Un lieu où rien ne différencie la vie de la mort, parce qu’il suffit d’un écart, d’une inattention, ou simplement d’un accès de folie du vent surchauffé sur les pierres pour que la terre vous abandonne, vous recouvre, vous prenne dans son néant »

Jemia et J.M.G. Le Clézio « Gens des nuages »
Edition Stock

Partout dans le monde, des peuples ont adapté leur mode de vie aux rudes contraintes des régions désertiques. Vivre dans un désert contraint les hommes à rechercher des points d’eau pour leur survie et celle de leurs troupeaux. Cette recherche continuelle de l’eau a forcé les hommes à vivre en nomades. Aujourd’hui le nomadisme ne subsiste que dans les pays désertiques les plus pauvres ; la semi-sédentarisation ou sédentarisation s’accompagne d’un déclin de l’élevage au profit de l’agriculture dans les oasis et d’une paupérisation des familles qui migrent vers les villes ou les sites d’extraction minière ou pétrolière.

Le Sahara est l’un des lieux les moins peuplés de la planète et pourtant, depuis des siècles, des hommes de toutes origines s’y croisent. Plusieurs populations cohabitent au Sahara et au Sahel et se répartissent selon des aires culturelles : Arabes, Bédouins, Berbères, Maures, Peuls, populations d’Afrique noire restées au nord du Sahara au moment de l’assèchement de cette région ou descendants d’anciens esclaves. Si parmi toutes ces diversités ethniques et culturelles l’Islam est une religion commune, elle n’a pas nécessairement entraîné l’arabisation de toutes les populations. La progression de la langue arabe dans les territoires sahariens a été très lente. Les Touaregs, entre autres, ne sont ni arabophones ni arabisés.  


Les Touaregs

Touareg est un nom d’origine arabe ‘’abandonné de Dieu’’ passé dans la langue française. Cette origine ne fait pas l’unanimité mais c’est la plus fréquente (voir André Bourgeot, Les Sociétés touarègues, p.30). Certains disent que le mot a une origine géographique désignant une région de Libye, le Fezzan, que les Kel Aggahar appellent Targua.

Les Touaregs, que l’on appelle de manière romantique ou encore exotique « les hommes bleus », utilisent pour se nommer le terme Kel Tamasheq  « ceux qui parlent la langue tamasheq », Kel Tagelmoust « ceux qui portent le voile » ou encore Imajeghen « les hommes libres ». On estime leur nombre à deux millions de personnes.

Ils se répartissent en grands groupes ou confédérations. Les principaux en sont les Kel Ahaggar (Hoggar),Kel Ajjer (Tassili N’Ajjer) au nord du Sahara, Kel Air (massif de l’Aïr) au sud–est du Sahara, Kel Ifoghas (Adrar des Ifoghas) au sud du Sahara. Ces confédérations sont elles-mêmes divisées en différentes classes.

Les Touaregs occupent une vaste région qui étend ses limites à la fois sur le Sahara et sur le Sahel. L’appartenance à une même culture, à une même langue berbère - le tamahaq (Hoggar), le tamachek (Ifoghas), ou le tamajeq (Aïr) - et l’usage d’une écriture commune : le tifinagh, transmise par les femmes, sont les critères par lesquels ils s’identifient.

Habitant le Sahara depuis des millénaires, les Touaregs ne sont pas unanimes quant à leur passé et plusieurs légendes circulent.  Il s’agit d’une société basée, jusqu’à l’époque de la colonisation française, sur un système social complexe, cohérent, fortement hiérarchisé et matrilinéaire -la place accordée aux femmes y est importante, l’autonomie économique de la femme étant un des fondements de la société-. Cette société est répartie en castes (nobles, religieux, vassaux, artisans, affranchis et esclaves qui sont les descendants d’anciens captifs) dont la direction politique est assurée par un chef l’amenokal, détenteur du tambour de guerre ( ettebel), symbole de l’autorité.

L’organisation politique était traditionnellement basée sur des rapports flexibles d’alliance, de protection, de conflits  qui, au fil du temps, leur ont assuré une certaine force politique mais sans réussir à réaliser une unité. Les fondements économiques ont été longtemps le pastoralisme, le commerce caravanier et les butins de guerre (rezzous).

Pour apprendre à survivre dans le désert, l’éducation traditionnelle met l’accent sur la résistance psychologique, l’endurance physique, la faculté d’orientation et les connaissances écologiques. Dès leur plus jeune âge, les enfants apprennent à réciter par cœur les noms des vallées de leur pays ainsi que les  noms des puits (qui représentent la stabilité) et de ceux qui les ont creusés.

Dès le 19e siècle, les Européens pénètrent de plus en plus loin à l’intérieur de l’Afrique de l’Ouest. La conquête coloniale se confronte alors à l’hostilité des chefs touaregs conscients que la colonisation risque de leur faire perdre le contrôle des espaces sahariens et sahéliens. A la fin du
19e siècle les territoires touaregs sont parcourus par les militaires français qui se heurtent à des mouvements d’opposition dispersés facilitant la répression.

Suite à la colonisation et la décolonisation des années soixante les territoires se partagent entre cinq nouveaux états : Algérie, Libye, Mali, Niger et Burkina Faso. Dans chacun d’eux, les Touaregs se retrouvent minoritaires tant au point de vue démographique que politique, économique, social, culturel et linguistique. Les nomades ne reconnaissent pas les frontières, ils se retrouvent privés de leurs activités économiques traditionnelles et sont soumis aux brimades des dirigeants de ces nouveaux pays.

Sur le plan économique, les deux grandes famines de 1973 et ensuite de 1984 vont contribuer au déclenchement de la révolte. Dans les années 80, de nombreux jeunes émigrent en Libye, certains pour des raisons politiques, d’autres simplement pour fuir la misère et y trouver du travail.

Les années 90 voient le retour de ces ishumar (du français chômeur) dans les luttes armées au Mali et au Niger. La résistance touarègue est le cri d’un peuple pour sa reconnaissance. Des massacres, l’errance, l’exode et l’établissement dans des camps en Mauritanie, en Algérie et au Burkina Faso s’ensuivent. Depuis 1994, des accords de paix ont été signés au Mali et au Niger. Ils prévoient de laisser aux Touaregs l’administration, la gestion et le développement de certaines régions.

Aujourd’hui, la scolarisation est l’objectif principal de nombreux Touaregs, conscients que leur survie en dépend. Le défi étant de concilier la modernité et la tradition. Les enfants touaregs doivent, sans pour autant risquer de perdre leur identité, pouvoir affronter un monde où le développement industriel, minier et touristique change en partie leurs conditions de vie.


Médias: documentaires

Partout, ça avance... *

Depuis quelques années, des associations financent la création d'écoles dans le désert, loin des villes. Notamment grâce à des voyages, comme l'association Croq'Nature. Tourisme et développement sont-ils compatibles ? Un tourisme respectant les modes de vie,  répartissant justement le fruit du travail est-il possible ? Quelles sont les conséquences de la scolarisation des enfants en milieu nomade sur les traditions et l’organisation sociale ? Comment les Touaregs voient-ils l'avenir de leurs enfants? Comment ces projets d'éducation peuvent-ils atteindre une autonomie financière?

Une coproduction des associations Croq’Nature, Amitié Franco Touareg et du Centre Audiovisuel Liège,  2001  / Réalisation : Marc Malcourant
Durée : 58’ - TJ 6811  

Extraits du film :
ecole.mov
  (804 K QuickTime) leçon de récitation quelque peu surréaliste à l'école d'Echag au Mali. 
ouled.mov  (1040 K) Bienvenue à Ouled Driss au Maroc. 
issouf.mov (1412 K)  Interview d'Issouf Maha au centre d'agro-écologie d'Arharous au Niger. 
tour_moha.mov  (861 K)  Accueil des randonneurs à Echag par Mohamed Ahmed ag alhassane, président d'Echaghill.
tende.mov  (546 K)  tende à Echag au Mali.
 

A l’école nomade *

Les Touaregs qui avaient toujours refusé d’envoyer leurs enfants à l’école du colonisateur construisent aujourd’hui des écoles de nattes. Elles suivent le déplacement du campement dans les endroits où la vie est encore possible. Un système original de scolarisation mis au point par des familles et soutenu par des associations françaises.

Production : Cinétévé, 1998 / Réalisation : Luc Federmeyer
Durée : 52’ - Référence Médiathèque TT0111 (vidéo documentaire)

L’école des cailloux *

Ce film a aussi pour thème la scolarisation des enfants touaregs et les problèmes qu’elle entraîne au niveau de l’organisation sociale qui est traditionnellement fondée sur l’élevage et le nomadisme. Il montre deux écoles dans le nord du Niger qui ont été créées par des associations. Il explique le contexte historique de défiance vis-à-vis d'une éducation imposée par l’ancien colonisateur, la France, mais qui a entraîné un important retard de la société touarègue en matière d’alphabétisation et une sous-représentation dans l’état nigérien après l’indépendance.

Durée : 26’ Production Arte - Réalisation : Dominique Hennequin et Pascal Lorent (Diffusion sur ARTE en septembre 1998)
Ce média n’est, pour l’instant, pas disponible à la Médiathèque. Une demande de projection peut être adressée à ARTE G.E.I.E. Service juridique 2a rue de la fonderie 67080 Streasbourg cedex.

Mali : l’école des Touaregs *

La sécheresse a poussé les nomades touaregs à se sédentariser. Ils ont perdu leurs troupeaux. Dans un campement, un maître d’école apprend à lire et à écrire à leurs enfants dans leur langue maternelle et en français. Ils rêvent de devenir ministre, docteur ou président de la république. Emission de la série « Le chemin des écoliers »

Production R.T.B.F. + A.G.C.D., 1991 / Réalisation : Roger Beeckmans
Durée : 29’ - Référence Médiathèque TJ1759 (vidéo documentaire)  

Sahara : Touaregs, les princes du désert *

Un film tourné au Niger et présenté par Mano Dayak, figure emblématique du mouvement de révolte des Touaregs du Niger. En lutte contre un gouvernement qui souhaite sa soumission, dispersé par la misère, constamment ballotté entre les états avoisinants, le peuple touareg tente de conserver ses traditions et son indépendance. Une description, avec le support de très belles images de la vie nomade façonnée par le désert : les activités quotidiennes, l’école, l’écriture tifinagh enseignée par les femmes, la musique, le pourquoi des révoltes, l’alliance avec leurs anciens ennemis les Toubous pour le commerce des armes. Comme il y a des siècles la caravane de sel de la tribu Ebéra traverse le Ténéré pour faire le troc de sa marchandise à l’autre bout du désert.

Collection : Géo Vidéo, Les grandes expéditions.
Production : Géo Film, 1994 / Réalisation : Howard Reid
Durée : 50’ - Référence Médiathèque TJ4453 (vidéo documentaire)

Afrique – Asie - Amériques

Sélection des trois premières séquences : Touaregs, Tchad, Soudan, 1990/1991. Cette émission, « Le dessous des cartes », s’attache à mettre en lumière les grands équilibres du monde contemporain pour tenter de comprendre comment il se recompose, à partir d’un traitement de l’information basé sur quatre idées simples : 
- approcher les évènements internationaux à partir des seules cartes de géographie,
- analyser les tendances durables en s’intéressant à ce qui est actuel plus qu’à l’actualité,
- tenter de faire comprendre, non de faire savoir,
- resituer les évènements traités dans leur contexte historique et géographique.

Production : La Sept, 1991 / Réalisation : Jean-Christophe Victor
Durée des extraits :  3x8’ / Durée totale : 86’
Référence Médiathèque TH2562 (vidéo documentaire)  


Médias: cédéroms

Encyclopédie Encarta 2000 DeLuxe *

Agréable et facile à consulter, très complète, nombreux renvois à d’autres fichiers, mise à jour Internet, photos, extraits musicaux et vidéo.  
Production : Microsoft, 1999 - Référence Médiathèque S 0971 (Cédérom)

Encyclopaedia Universalis

Une encyclopédie très complète. Sa consultation est moins attractive pour un jeune public.  
Production : Britannica Universalis, 1998 - Référence Médiathèque : S 1101 (Cédérom)

Encyclopédie Larousse Kléio 2001

Une encyclopédie qui aborde en détails les sujets présentés. Recherche par mot-clé et renvoi à de nombreux autres chapitres. Liens Internet.  
Production : Larousse multimédia, Havas interactive 
Référence Médiathèque S 2152 (Cédérom)

Atlas Hachette Mutimédia *

Cet Atlas, d’utilisation très simple, donne des informations assez complètes sur les sujets abordés. Recherche par pays, par thème. Possibilité de créer un carnet de voyage en réalisant son propre dossier. Jeu pour tester ses connaissances.  
Production : Hachette 1996 - Référence Médiathèque S 4001 (Cédérom)

Géographie et cultures du monde *

Un ouvrage de référence multimédia, très simple et accessible. L’écran d’accueil propose différents types de cartes et permet d’accéder à toutes les rubriques. Cartes satellites, physiques et politiques, paysages naturels et merveilles du monde. Les cartes politiques mènent à des informations concises mais complètes sur le continent et le pays sélectionné : introduction, géographie, économie, population, histoire, culture, tourisme, carte détaillée, diaporamas.  
Production : Marshall Cavendish Multim, 1998
Référence Médiathèque S 4761 (Cédérom)

Explore ta planète *

Cinq parcours autour de la terre destinés aux enfants de 6 à 9 ans pour découvrir la mer, la montagne, la forêt, le désert…sous forme de jeux et d’activités.  
Collection : Les petits débrouillards - Production : Montparnasse multimédia
Référence Médiathèque SP5573 (Cédérom)  

Médias: DVD

Africa (vol. 1)

1. L' odyssée du désert  / 2. Les amoureux du Sahel  / 3. Les montagnes de la foi

1. "L'odyssée du désert": Un garçon de neuf ans va accompagner, pour la première fois, une caravane de Touaregs à travers le désert du Sahara, le plus grand du monde. Un parcours dangereux de 2.500 km pour vendre du sel et apprendre la vie des caravaniers. (H. Lilley)

2. "Les amoureux du Sahel": Les habitants de Diafarabé au Sahel, en bordure du Sahara, attendent le retour des jeunes hommes partis avec leur troupeau en transhumance. Pour leur survie et celle de leur bétail, les peuples s'unissent pour lutter contre les éléphants aux abords des rares points d'eau... (H. Lilley)

3. "Les montagnes de la foi": La culture de la pointe de l'Afrique est enracinée dans des croyances très anciennes. Au sein d'une église forteresse, un adolescent met sa foi à l'épreuve: il a décidé de consacrer sa vie à Dieu tout en veillant sur une des reliques les plus sacrées du monde chrétien... (M. Thompson)

Production : National Geographic, 2001, 156'
Réalisation: Matthew Thompson
Référence Médiathèque TJ 6310


Médias: diapositives

Les hommes en milieu désertique *

12 diapositives concernant les différents types de déserts, la vie animale et la vie humaine dans ces régions. La série est accompagnée d’un livret pédagogique.  
Production : CIDE - Référence Médiathèque IC4033 (diapositives)

Les hommes et le milieu intertropical sec : le Sahel *

12 diapositives, accompagnées d’un livret, concernant le climat, la végétation, la faune et les activités humaines au Sahel.  
Production : CIDE - Référence Médiathèque IC4035 (diapositives)

Milieu désertique : Les Touaregs *

Les photos présentées attirent l’attention sur le mode de vie et l’économie traditionnelle des nomades. Les diapositives proviennent de reportages effectués chez les Touaregs de l’Aïr. 12 diapositives et un livret d’accompagnement.  
Production : A. Colin - Référence Médiathèque IE0087 (diapositives)

L’homme et le milieu désertique *

Le Sahara résulte d’un conflit sans cesse recommencé entre l’aridité et la vie. 24 diapositives accompagnées d’un livret pédagogique.  
Production : Diapofilm - Référence Médiathèque IF0254 (diapositives)

La vie rurale dans les steppes et les déserts *

21 diapositives, les élevages intensifs, l’agriculture sèche et l’agriculture des oasis.  
Production : Diapofilm - Référence Médiathèque IF0257 (diapositives)


La musique

" A chaque musique sa danse » proverbe touareg "

La musique, les chants et la poésie occupent une place fondamentale dans la vie touarègue et demeurent les meilleurs garants de son identité. Les traditions musicales et les codes qui s’y rapportent ainsi que les thèmes des poésies chantées sont communs aux différentes confédérations touarègues. Comme chez tout peuple nomade, l’importance est accordée à la voix et le nombre d’instruments est réduit. L’organisation sociale, a pour sa part, une grande influence sur la répartition des pratiques musicales. Les instruments de musique sont, pour l’essentiel, les mêmes dans l’ensemble du monde touareg.

·     L’imzad : vièle monocorde, symbole de la noblesse touarègue, traditionnellement jouée par les femmes.

·     La flûte tazammart : instrument des bergers et des voyageurs, jouée par les hommes.

- L’imzad et la tazammart sont des instruments de solistes où la narration joue un rôle important, ils peuvent aussi  servir de support à des contes mettant en scène des épisodes historiques.

·     - Les différents tambours : êttebel, ganga et tindé.

Tous ces instruments sont parfaitement adaptés à la vie nomade, légers, peu encombrants ou tour à tour instruments de musique et récipients culinaires comme le tambour-mortier tende.

 L’imzad  est constitué d’une demi-calebasse ou d’une écuelle en bois recouverte d’une peau tendue. Un manche en forme d’arc traverse la caisse de part en part. La corde, constituée de crins de cheval, est fixée de chaque côté du manche par des lanières de cuir. L’archet, en forme d’arc fortement arrondi, est fait d’un morceau de bois entre les extrémités duquel est tendue une autre mèche en crin de cheval. L’imzad est exclusivement joué par les femmes et possède chez tous les Touaregs une grande valeur symbolique, il est lié aux évènements les plus marquants comme aux plus quotidiens de la vie sociale.

Si la formation musicale est importante pour les filles, jouer de l’imzad est un art difficile et les musiciennes sont de moins en moins nombreuses. Les poèmes accompagnant les airs d’imzad sont composés et interprétés par les hommes et par les femmes. On y parle d’amour courtois et, si les rezzous ont disparu, les chants continuent de célébrer les exploits des guerriers. La musique d’imzad remplissait plusieurs fonctions : encourager les hommes avant un combat ou dans toute situation dangereuse, honorer les héros par la création d’airs relatant leurs exploits, rappeler aux hommes partis au loin la douceur de la vie au campement. Elle pouvait aussi avoir des vertus thérapeutiques ou une simple fonction narrative.

La flûte à quatre trous tazammart, en bois ou en métal, appartient au berger, mais quiconque appartenant à une autre classe sociale peut en jouer. Jouée dans d’autres cadres que le pastoralisme, elle conserve cependant un caractère intimiste.

Les tambours

·    Êttebel. Les chefs de tribus étaient les seuls à posséder ces gros tambours qui n’étaient battus que dans des circonstances précises et qui servaient à transmettre un message ou un ordre de rassemblement.

·    Le ganga  est un tambour à deux peaux tendues sur un cadre de bois et frappé par une baguette en bois recourbée. Il accompagne les chants de mariage.

L’autre instrument joué traditionnellement  par les femmes, est le tende (ou tindé), le mortier de bois dans lequel elles pilent les céréales et qui devient tambour lorsqu’on tend une peau de chèvre au-dessus de son ouverture. Il désigne par extension le chant qui accompagne le jeu de percussions ainsi que la fête pendant laquelle on utilise ce tambour improvisé. Le tambour sur mortier est parfois remplacé par un jerrycan métallique ou par tout autre objet pouvant servir de percussion.

La musique accompagnée par ces tambours n’est pas toujours la même. Les rythmes varient selon sa fonction : accompagner les parades de chameaux ou une danse d’exorcisme, une danse guerrière, une danse de séduction.

Autrefois réservé aux femmes de serviteurs, toutes les femmes peuvent aujourd’hui le pratiquer et les petites filles font partie du groupe dès leur plus jeune âge. Les percussions des tende et le chant de la soliste sont accompagnés par un chœur de femmes, des battements de mains à contretemps et ponctués de « youyous » qui marquent les moments forts de l’exécution musicale et contribuent à en chauffer l’atmosphère.

On utilise aussi parfois une sorte de tambour d’eau, appelé aseqqelebu, obtenu en renversant une calebasse sur une bassine remplie d’eau.

Il existe deux types de tende:

Telegouane: Le groupe de chanteuses assises est encerclé par une ronde d'hommes à chameaux qui font danser leur monture au rythme des chants. la plupart des chants de ce tende sont à la gloire de chameaux célèbres pour leur beauté et leur élégance.
Tan tegbes
: Le groupe de chanteuses est debout et forme une haie derrière celle qui frappe le tende. Sur l'aire, devant elles, les hommes apparaissent à tour de rôle dans des mouvements d'approche et d'éloignement en frappant le sol très fortement avec les pieds dans un rythme répondant au rythme du tende et des chants.

Les thèmes des chants sont l’amour et la guerre, on y traite aussi bien la satire que les expériences personnelles ou encore les nombreux aspects de la vie quotidienne. Quel que soit leur motif, les fêtes (familiales ou religieuses)  sont célébrées par l’ensemble plus ou moins élargi de la communauté. Seul le mariage comporte un rituel chanté, l ‘älewen, exécuté par deux chœurs alternés de femmes avec ou sans tambour.

De nouveaux chants apparaissent. Les Touaregs du Niger et du Mali qui ont participé à la rébellion ont créé des chants de révolte en s’accompagnant à la guitare, chants dont s’inspirent les musiciens d’autres régions.  Si l’imzad et le tende sont des instruments de la vie nomade, les Touaregs n’en ont pas le monopole. Beaucoup de peuples sahariens possèdent des vièles monocordes et de nombreux peuples africains pratiquent des instruments de percussions proches du tende.


Médias: CD audio et disques

Bady ag Alhassane : Entre dunes et rochers

Originaire de l’Adrar, dans l’extrême nord du Mali, Bady ag Alhassane chante, en tamashek, accompagné à la guitare acoustique, l’avenir incertain du peuple touareg ainsi que ses années d’exil en Algérie, en Libye et en France où il réside depuis 1992.  
Marque : Ag Alhassane - Référence Médiathèque  MJ1950 (CD)

Touareg volume I : Imzad du Tassili N’Ajjer

Un album entièrement consacré à l’interprétation du ‘’violon touareg’’ et à son accompagnement vocal.  
Marque : Al Sur - Référence Médiathèque MJ1533 (CD)

Touareg volume II : Tindé du Tassili N’Ajjer

Rythmes tindé, rythme roqas (rapide et entraînant), rythme rohé (le rythme qui mène à la transe, à la guérison, à la spiritualité), rythme aliwen ou danse des dromadaires, la danse tahemat, une danse guerrière qui exalte le courage des hommes. Berceuses.  
Marque : Al Sur - Référence Médiathèque MJ1534 (CD)

Hoggar : Musique des Touareg

Musiques enregistrées en partie pendant le tournage du film « Issalan, chronique touarègue » de J.L. Lamande en 1990. Quelques enregistrements de Nadia Mécheri Saada datent de 1980. Un très beau document qui aborde tous les genres : tindé, aliwen, imzad, flûte, chants anciens, chant de chameliers, berceuses, danses et nouveaux chants accompagnés à la guitare.  
Réalisation : Nadia Mécheri Saada et Jean-Louis Lamande.
Marque : Chant du Monde - Référence Médiathèque MJ1535 (CD)

Touareg - Volume IV : Imaran

Ahmed Chakali (Imaran) est un compositeur interprète.  
Marque : Al Sur - Référence Médiathèque MJ1536 (CD)

Ikewan : Tuareg memories

Musiciens de Djanet, Tassili N’Ajjer
Mélodies d’amour, chant pour exorciser un mal, chant d’accompagnement de la mariée, tindé, mélopée de la danse des chameaux…  
Marque : Long Distance - Référence Médiathèque MJ1538 (CD)

Touareg, rythmes & mélopées du Tassili N’Ajjer

Khadija Othmani & son ensemble tindé. Rythmes tindé, aliwen, rohé, tahemat, roqas, berceuse  
Marque : Blue Silver - Référence Médiathèque : MJ3945 (CD)

Baly Othmani : ‘’Assouf’’

Bali Othmani vient du Tassili N’Ajjer, il joue de l’oud (luth) et chante. Une rencontre interculturelle avec le musicien Steve Shehan.

Marque : Al Sur - Référence Médiathèque MJ3940 (CD)

Baly Othmani et Steve Shehan: “Assarouf”  
Marque :Triloka - Référence Médiathèque MJ3941 (CD)

 

 

 

Touareg du Mali : Teharden et mzad

La collection Prophet, consacrée aux musiques traditionnelles est composée d’enregistrements et de photos réalisés par Charles Duvelle. Même anciens, les enregistrements sont d’une remarquable qualité. La collection s’attache à mettre en évidence l’authenticité musicale à partir de documents pris sur le vif dans le contexte traditionnel local, sonore grâce à l’environnement acoustique et l’authenticité temporelle en respectant la durée réelle de la manifestation musicale. 
Enregistrements et textes de Charles Duvelle. 
Marque : Philips Prophet - Référence Médiathèque ML5833 (CD)

Tartit (ensemble) : « Amazagh »

Ce groupe, dont le nom signifie l’union, est composé de Touaregs de la Confédération des Kel Antassar installés dans la région de Tombouctou et de Goundam, dans la boucle du Niger. Ils se sont rencontrés dans un camp en Mauritanie et vivent maintenant dispersés se réunissant pour les concerts ou les enregistrements.  
Marque : Fonti Musicali, en collaboration avec le Festival Voix de femmes (Liège) et Ikône a.s.b.l Bruxelles - Référence Médiathèque ML6890 (CD)

Tartit « Ichichila »

Deuxième CD de l’ensemble Tartit. Livret en français.  
Marque :Network Medien - Référence Médiathèque ML6891 (CD)

Les plus grands conteurs, épopée touareg

Le récit épique d’Arrigullan circule dans le désert avec les tribus berbères d ‘Algérie, du Niger, de Libye, du Mali jusqu’en Mauritanie. Hamed Bouzzine raconte l’épopée initiatique de ces peuples nomades. « Dans le désert du Sahara, un grand seigneur apprend que sa sœur doit mettre au monde un enfant qui le tuera. Adelaseigh, le neveu du seigneur, se cache comme esclave avant d’être découvert»

Marque : Octogone - Référence Médiathèque HA0044 (cassette audio et CD)


Quelques films et documentaires non encore disponibles à la Médiathèque

Azawad - Documentaire - Production : La Sept, Arte / Réalisation : Thierry Soltel

L’homme bleu - Documentaire, 1997

Issalan, chronique touarègue - Documentaire - Réalisation: J.L. Lamande, 1990

Imuhar, une légende *  Fiction inspirée d'une histoire réelle. 
Khenan a onze ans, il a toujours vécu à Paris. A la mort de sa mère (française), son père (d’origine touarègue) décide de l’emmener dans le désert nigérien à la rencontre de ses racines. A mi-chemin entre conte philosophique et reportage ethnographique le film retrace le voyage, quelque peu idéalisé, d’un enfant des villes qui découvre le désert ainsi que la culture touarègue et ses idéaux de solidarité, de justice et de respect. 
Réalisation : Jacques Dubuisson - Musique : Philippe Eidel - 1997  

 

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