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12 mai 2006
 

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Notre choix : Strauss

Ce récital qui réunit autour de Natalie Dessay un aéropage de voix divinement belles pourrait s'intituler "Les leçons d'amour de Monsieur Strauss - avec la collaboration de Monsieur von Hofmannsthal". Tous les extraits présentés ici parlent de l'amour, sous ses différents aspects. Dans Ariane à Naxos, combinant deux actions scéniques, la pétulante Zerbinette (Natalie Dessay) remonte le moral à la princesse qui vient d'être abandonnée sur un îlot inhospitalier avec de redoutables coloratures qui regonfleraient à bloc la moindre déprime. Avec les Brentano Lieder, c'est le registre romantique qui s'exprime dans de bucoliques images poétiques habillées d'une musique somptueuse tantôt lyrique et pensive ou virtuose et délicieusement ambigüe.

La suite de la critique d'Anne Genette

Liège est Cosi

Troisième fruit de la collaboration exemplaire entre le librettiste Lorenzo Da Ponte et Mozart, Così fan tutte n'est pas basé sur une source littéraire.Le livret, original, s'inscrit dans la lignée des « comédies érotiques » en vogue au XVIIIe siècle : la tension entre la sagesse et l'assouvissement du désir en est le sujet.Merveille d'équilibre et de raffinement, cet opéra semble bâti selon une ordonnance toute classique, mais ce n'est qu'apparence : la subtilité de l'oeuvre réside dans le détournement de toutes les règles de symétrie.Le coup de sonde dans la perversité de l'âme humaine est profond. Opéra décrié au XIXème siècle, Così fan tutte a dû attendre le XXème pour retrouver enfin sa juste place. La richesse des discours musicaux et théâtraux imbriqués l'un dans l'autre rendent en effet son interprétation inépuisable.

Liège, ORW, du 19 au 27 mai

 

 

Opéra de Paris à Bruxelles


L'orchestre de l'Opéra de Paris au Palais des Beaux-Arts : c'est une première ! Et c'est Sylvain Cambreling qui régale avec Mozart et Bruckner, deux de ses compositeurs fétiches qu'il avait déjà dirigés au Palais des Beaux-Arts lorsqu'il était le chef attitré de la Monnaie, du temps de Gérard Mortier. Si l'on en juge par son activité à l'Opéra de Paris, l'année Mozart lui va bien : un Don Giovanni décapant, mis en scène par Michael Haneke. Avec Christophe Marthaler, il reprend aussi ses Noces de Figaro qui avaient tant frappé les esprits par l'invention du « récitativiste », chargé de redonner toute leur place aux récitatifs de l'opéra… Pour ce concert du 18 mai, qu'il étrenne la veille à Paris, Sylvain Cambreling a choisi de questionner la Grande Messe en do mineur « inachevée » d'un Mozart délivré de Salzbourg et renouant avec la cantate napolitaine. Brusque changement de décor avec la 4e Symphonie de Bruckner (1880), nimbée de résonances médiévales et d'une conception mystique toute romantique de la nature.

Bruxelles, Bozar, le jeudi 18 mai à 20 heures

Les Illuminations

Les cycles pour voix et orchestre occupent une place importante dans l'oeuvre de Britten. Par ailleurs, la mise en musique de poèmes dans d'autres idiomes que le sien est également caractéristique du compositeur. Si les voyages sont généralement considérés comme ayant une valeur éducatrice, il apparaît bien souvent que le voyageur s'enrichit plus par la découverte de soi que par la connaissance d'autrui. Et il semble bien que cette expérience ait été celle de Britten lorsqu'il mit en musique les Illuminations sur des textes d'Arthur Rimbaud à peu près à l'époque où il tenta d'émigrer aux États-Unis en 1939. De même que Britten se montre d'une manière plus réfléchie et plus intériorisée dans ses déclarations, dans le même temps, le style vocal utilisé dans le cycle adopte une nouvelle clarté et un nouveau raffinement.

Liège, Salle Philharmonique, le jeudi 18 mai à 20 heures
Bruxelles, Bozar, le samedi 20 mai à 20 heures

 
 

Roussel à Liège

Commandé pour le cinquentenaire de l'Orchestre Symphonique de Boston, la Symphonie n°3 en sol mineur passe pour une oeuvre majeure d'Albert Roussel. La langage déborde d'énergie, de vitalité juvénile, l'harmonie est âpre et riche, souvent polytonale et dans les mouvements rapides règne la vigueur rythmique, tandis que dans le vaste Adagio, le lyrisme mélodique prend une ampleur presque bruknérienne. Cette partition sera donnée lors d'un concert consacré à la musique française (Debussy, Fauré, Françaix) de l'Orchestre Philharmonique de Liège dirigé par le chef suisse Armin Jordan.

Liège, Salle Philharmonique, le 11 mai à 20 heures
Liège, Salle Philarmonique, le 13 mai à 15 heures

 

 

 
 

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