La lettre des Usagers pédagogiques de la Médiathèque

Numéro 2 - Avril 2003

Africalia

L'Afrique: bien plus qu'un simple continent. Un immense panorama de peuples, communautés, langues, cultures, et expressions musicales.

 

Une pagaille de musiques en tous sens, essentielles, indispensables; une richesse intarissable qui s'en va sans cesse drainer les musiques du monde, depuis la nuit des temps jusqu'aux musiques les plus urbaines et les plus actuelles. L'Afrique musicale ne se découvre pas en trois écoutes et six CD, elle s'apprend, elle s'apprivoise. Il faut s'y faufiler un beau jour et par un sentier bien choisi et suivre ses coups de coeur, ses émerveillements, pour se rendre compte alors qu'il n'est plus possible de quitter ces pistes sonores tant elles sont attachantes.

Quatre brochures disponibles dans les centres de prêt de la Médiathèque

1. L'Afrique du Nord
2. L'Afrique occidentale
3. L'Afrique centrale et orientale
4. L'Afrique australe et l'Océan Indien

Une présentation des différents types de musique (populaires, savantes, religieuses, régionales, rurales, immigrées, métropolisées, ...), des genres musicaux (le Raï, la musique arabo-andalouse, etc.) et des instruments, illustrés par des discographies.  

Textes et discographies:
Etienne Bours
Conseiller musical à la Médiathèque

 

L’Afrique est le terrain par excellence des musiques de la vie, de celles qui ponctuent le quotidien, les saisons, de celles qui rythment les faits et gestes de chaque famille. C’est le monde des musiques fonctionnelles, des chants et danses qui tissent, maintiennent, raffermissent ou défont les liens entre hommes, femmes, enfants, groupes, comme entre tous ceux-ci et leurs divinités, esprits, terres, ancêtres, animaux, travaux... L’Afrique est la terre idéale pour qui voudrait découvrir les musiques rituelles et fonctionnelles, les musiques liées au travail, les musiques qui marquent les étapes de la vie, de la naissance aux funérailles en passant par les phases d’initiation, les chants qui font office de livres d’histoire, ceux qui rendent hommage ou qui critiquent, les musiques qui ponctuent chasses et pêches, qui accompagnent le calendrier saisonnier (certaines de ces fonctions sont démontrées sur le CD “Africa : The Dan” Rounder CD5105, MK8747). Sans oublier pour autant que l’Africain est capable de chanter ou jouer pour lui seul ou pour un groupe restreint dans l’intimité d’un contact étroit avec l’instrument et avec la délicate poésie de la langue et l’importance capitale de ce que Eno Belinga appelle le verbe (qui se manifeste autant par la parole que par la musique, le chant ou la danse).

Pour approfondir ces sujets et comprendre comment la musique s'insère dans les activités sociales : 

Etienne Bours, Dictionnaire thématique des musiques du monde, Fayard, Paris, 2002. 

Quinze cents notices rédigées par le conseiller musical de la Médiathèque qui renseignent aussi bien sur les métiers de la musique (griot, guslar), les formes, les genres (chant, opéra, épopée) que sur les passages de l'existence (naissance, funérailles) ou les moments de la vie économique ou sociale (moissons, enrôlement, recrutement, travail). La sélection discographique qui accompagne chaque notice permet de découvrir la réalité sonore que recouvrent ces notions.

PEUPLES ET MUSIQUES : L’AFRIQUE MULTIPLE

(Extrait d'Africalia - 2. L'Afrique occidentale)  

Bien avant les musiques et les chants des artistes africains médiatisés aujourd’hui, l’Afrique, quelle qu’elle soit, a toujours pratiqué un ensemble d’expressions liées au quotidien, aux saisons, au cycle de la vie et à toutes les manifestations sociales, sacrées, rituelles et cérémonielles d’une vie en société. Ces musiques ne peuvent pas, ne doivent pas être oubliées. Elles sont les témoignages indispensables d’une diversité culturelle d’une extrême richesse. Elles sont les balises essentielles de l’histoire des musiques, de toutes les musiques, et de leurs évolutions respectives. Elles sont les traces de l’inventivité et de la créativité humaines. Comment les approcher sinon en faisant confiance à une discographie mine de rien écrasante mais écrasée par le marché du disque de consommation. Pourtant ces dizaines de disques incroyables, enregistrements de terrain, sont là pour nous rappeler qu’avant de devenir une mode, les musiques du monde intéressaient déjà les preneurs de sons, les universitaires, les chercheurs, mais aussi les producteurs de disques et donc les amateurs de musiques, les vrais, ceux qui osent prendre le risque d’écouter, d’apprendre et de comprendre, alimentés par une saine curiosité.

Ces disques sont présents dans les collections de la Médiathèque et s’attachent souvent à présenter les musiques traditionnelles de peuples précis. Ceux-ci sont plus nombreux qu’on le croit à avoir été enregistrés et la meilleure façon de s’en rendre compte est d’en dresser une liste non exhaustive, un peu sommaire sans doute, mais qui a au moins le mérite d’apporter un éclairage favorable sur cette diversité de peuples et d’expressions.

Les Akan.

Les Akan constituent un ensemble de peuples vivant en forêt, ou en lisière de celle-ci, au Ghana et au sud-est de la Côte-d’Ivoire. Dans ce dernier pays, ils se divisent en plusieurs groupes parmi lesquels les Baoulé, tandis qu’au Ghana, ils comprennent notamment les Ashanti et les Fanti. La plupart de ces peuples connaissent encore la royauté. Ils vivent de culture et d’élevage. Les Baoulé cultivent notamment cacao et café.

-Rhythms of life, songs of wisdom. Akan music from Ghana (Smithsonian Folkways SFCD40463) ML1036

-Côte-d’Ivoire. Musique vocale Baoulé (Auvidis Unesco D8048) MK8741

-Côte-d’Ivoire. Baoulé (Philips Prophet 4644912) MK8754

-Music of the Ashanti of Ghana (Folkways F-4240) ML1032

-Traditional women’s music from Ghana (Folkways F-4257) ML1065

Les Dagomba.

Les Dagomba ou Dagbamba vivent au nord du Ghana dans une zone de savane où ils sont essentiellement fermiers. Leur musique est centrée sur un rôle social important accordé aux ensembles de percussions d’une complexité rythmique étonnante. Ce sont des musiques qui rendent hommage à diverses personnes, en général de grands noms de l'histoire du peuple. Ces musiques se jouent sur un ensemble de tambours d'appels (lunga) de tailles diverses et sur des tambours basse (gungon). Des variantes existent, hiérarchiquement moins importantes que les jeux de tambours mais exerçant la même fonction sociale; il s’agit alors de jeu de vièle à une corde pour accompagner des chants de louanges ou des proverbes et conseils.

-Music of the Dagomba from Ghana (Folkways F-4324) ML1033

-Traditional women’s music from Ghana (Folkways F-4257) ML1065

-Master drummers of Dagbon Vol.1 & et Vol.2 (Rounder CD5016 et CD5046) ML1740 et ML1741

-Master fiddlers of Dagbon (Rounder 5086) ML1745

Les Dan.

Les Dan sont des agriculteurs et éleveurs du centre-ouest de la Côte d’Ivoire, du Liberia et de Guinée. Ils font partie de la branche sud des Mandingues, au même titre que les Gouro. Leur société est riche en traditions musicales fonctionnelles. Parmi celles-ci, les pratiques liées à la sortie des masques sont de grande importance.

-Côte-d’Ivoire. Masques Dan (Ocora C580048) MK8744

-Anthology of world music. Africa. The Dan (Rounder CD5105) MK8747

Les Diola.

Les Diola sont agriculteurs, éleveurs et pêcheurs des rives du Casamance au sud du Sénégal. Leurs musiques sont directement liées à cette vie sur la terre. Ils connaissent de grands rituels de fécondité en relation directe avec les récoltes.

-Sénégal. Bassari, Diola (Philips Prophet 538713-2) MM1044

-Music of the Diola-Fogny of the Casamance, Sénégal (Folkways F-4323) MM1040

Les Dogons.

Les Dogons vivent au sud du Mali, en zone sahélienne. Agriculteurs, ils vivent sous l’autorité d’un chef politique et religieux. Leur vie est encore très ritualisée et la société des masques joue un rôle important dans la socialisation du sacré, notamment lors des cérémonies funéraires. Le dama se tient tous les deux ou trois ans, lorsque plusieurs personnes sont mortes. Il sert à faciliter le départ des âmes. Toute une série de masques interviennent avec chacun sa symbolique et sa chorégraphie parfois très acrobatique. Ils sont accompagnés de voix et de percussions (tambours cylindriques et tambours d’aisselles). Le rythme est différent pour chacun des masques représentant des animaux, des personnages ou des manifestations des esprits ou du cosmos.

Les Dogons pratiquent également un long rite de plusieurs jours, le bulu, lié au cycle agraire. Les cultivateurs reçoivent des dons symboliques, des épis, qui représentent les forces du mil, indispensables aux futurs semis et récoltes. On joue alors tambours, sifflets et flûtes, on chante et on danse.

-Mali. Les Dogon. Musique des masques et des funérailles (Inédit W260089) ML5832

-Cérémonies rituelles des Dogon (Peoples CD-807) ML5825

-Mali. Musiques et chants des Dogon (Buda 92667-2) ML5827

Les Ewé.

Les Ewé (ou Evhé) vivent au Togo, Ghana, Bénin et Nigeria. Ils sont cultivateurs, artisans, pêcheurs. Ils ont beaucoup vécu du commerce du sel (qu’ils extraient eux-mêmes) et de celui des esclaves. Ils ont des croyances proches de celles des Yoruba avec des cultes rendus aux divinités comme dans le vodun.

-Ewe music from Ghana (Folkways F-4222) ML1030

-Songs of war and death from the slave coast. Part one & Part two (Folkways F-4258 & F-4259) MJ0059 et MJ0058

Les Fon.

Les Fon sont des cultivateurs du sud du Bénin et du Togo. Ils se divisent en plusieurs sous-groupes parmi lesquels les Mahi. Les Fon proprement dits sont assez proches des Yoruba, notamment par la pratique du culte vodun. Voir texte "Le Nigeria, le Bénin et les Yoruba".

-Bénin. Mahi (Philips Prophet 464489-2) MK4045

Les Gan.

Au sud du Burkina Faso, vivent les Gan ou Kaaba, population venue du Ghana il y a plusieurs siècles et réduite aujourd'hui à quelque 10.000 personnes. Organisés autour d’une royauté et des activités, ils pratiquent culture et élevage dans une zone de savane arborée. Leurs musiques sont extrêmement riches, aussi diversifiées que le sont leurs activités. On y entend de nombreuses polyphonies vocales et un riche instrumentarium parmi lequel des tambours parlants. Ces traditions et leurs évolutions les plus récentes ont été très bien documentées par Patrick Kersalé dans deux disques qui méritent une attention particulière.

-Burkina Faso. Anthologie de la musique gan (Buda 92709-2) MK4545

-Burkina Faso. Harpes du soir (Peoples PEOCD-1043) MK4548

Les Haoussa.

Les Haoussa sont un des principaux peuples du Nigeria. Ils vivent également au Niger. Leurs occupations sont partagées entre agriculture et élevage dans les savanes et plaines et artisanat ou commerce dans les villes. Ils connaissent également la fonction de griot.

-Niger. Haoussa, Songhay, Zarma (Philips Prophet 538715-2) ML7923

-Nigeria. Griots Haussa (Philips Prophet 468450-2) ML8046

-Anthologie de la musique du Niger (Ocora C559056) ML7920

Les Kpelle.

Les Kpelle qui parlent une langue mandingue vivent essentiellement au Liberia. Une partie d’entre eux, les Guerzé habitent les forêts entre la Guinée, la Côte-d’Ivoire et le Liberia. Ils vivent essentiellement de cultures et cueillette. Ils pratiquent de riches polyphonies chantées notamment à l’occasion de rituels très complexes.

-Guinée. Musiques des Kpelle (Inédit W260086) ML2026

-Music of the Kpelle of Liberia (Folkways F-4385) ML4640

Les Kru.

Le terme Kru désigne les Krumen, habitants des régions côtières de Côte-d’Ivoire, mais aussi un ensemble de populations de la Côte-d’Ivoire et du Liberia, parmi lesquels, notamment, les Kru du Liberia, les Guéré ou Wé de Côte-d’Ivoire et les Bété du même pays.

-Côte-d’Ivoire. Musique des Wé (Chant du Monde CNR2741105) MK8750

Les Lobi.

Les Lobi vivent au nord-ouest de la Côte-d’Ivoire et au sud-ouest du Burkina Faso, en région de savane. Ils sont originaires du Ghana et vivent essentiellement d’agriculture. Le culte des ancêtres est essentiel et les funérailles sont des événements particulièrement importants, ritualisés en deux phases appelées premières et secondes funérailles. Les xylophones sont systématiquement joués à ces cérémonies. Les musiciens sont des personnes initiées, respectées, détenant un pouvoir quasi mythique. Aux funérailles, les formules rythmiques sont jouées au tambour bembe et le xylophone joue des motifs polyphoniques tandis que le musicien chante des références au quotidien ou à la vie du défunt. Parfois, il traduit en musique, via le xylophone, ce qu’un proche du défunt vient dire devant le musicien. Ce jeu de xylophone et les musiques funéraires ont inspiré certains musiciens occidentaux qui se sont rendus en Afrique pour apprendre auprès de maîtres Lobi. Ce fut le cas du percussionniste suédois Bengt Berger qui étudia avec Kakraba Lobi.

-Burkina Faso. Pays Lobi. Xylophone de funérailles (Ocora C560148) MK4547

-Afrique. Jeux et rites des Lobi (Arion ARN64341) MJ0064

-Burkina Faso. Bisa, Gan, Lobi, Mossi (Philips Prophet 538720-2) MK4546

-Kakraba Lobi. Song of Legaa (Lyrichord LYRCD7450) ML1702

-Kakraba Lobi. (Victor VDP1099) ML1700

-Bengt Berger. Bitter funeral beer band (ECM 2301179) UB4000

Les Mandingues.

Les Mandingues sont un ensemble de populations, estimées à plus de quinze millions, vivant essentiellement au Mali, en Gambie, au Sénégal, en Côte-d’Ivoire, en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia. On les appelle Malinké en Côte-d’Ivoire et en Guinée, Mandinka ou Maninka au Mali, Mendé en Sierra Leone, Mandingo au Sénégal. De nombreuses branches portent des noms différents, comme par exemple les Vai au Liberia.

-Music of the Vai of Liberia (Folkways F-4388) ML4641

-Music of Sierra Leone. Kono Mende farmer’s songs (Folkways F-4330) MM3070

-Music of the Mende of Sierra Leone (Folkways F-4322) MM3071

-Guinée. Musique des Malinké (Chant du Monde/CNRS CNR2741112) ML2027

-Mali. Musique Bambara du Baninko (AIMP VDE-Gallo CD-980) ML5831

-Donfoli – Play the music. Bamana and Bozo songs from Kirango (Pan Records 4010KCD) ML5830

-Mali. Cordes anciennes (Buda 1977822) ML5859

Voir les textes principaux pour de nombreux autres disques.

Les Maures.

Les Maures vivent au Mali, en Mauritanie et dans le Sahara-Occidental. Ils sont éleveurs nomades vivant dans le Sahara et le Sahel occidental et central.

Voir le chapitre sur la Mauritanie.

Les Peul.

Les Peul ou Fulbe vivent en zone de savane dans tous les pays d’Afrique de l’Ouest. Ils se divisent en quatre clans et en de nombreux sous-groupes. Certains sont citadins tandis que d’autres continuent de nomader avec leurs troupeaux. Les musiques de ces derniers ont encore des liens étroits avec cette vie d’éleveur.

Au Burkina Faso, ils chantent le doohi, sorte de chant social, collectif, bourdonnant et guttural, réparti en deux groupes formant deux voix qui émettent des sons sans signification. Il s’agit d’une musique de divertissement à laquelle prend part tout adolescent qui le désire dès la mue vocale. Etant une technique d’endurance et de puissance, le doohi apparaît dès lors comme une épreuve de virilité liée au cycle de la vie des pasteurs. Ces sons répétés viennent sans doute d’imitations des animaux avec lesquels ils vivent en symbiose, soit les boeufs, soit les crapauds vivant autour des points d’eau.

Les Peul Wodaabe ou Bororo, quant à eux, connaissent encore des rassemblements annuels où se célèbrent divers événements, tels que mariages, naissances et initiations. A cette occasion, les hommes se maquillent et se parent pour rivaliser de beauté. Ils pratiquent ensuite, plusieurs nuits d'affilée, différentes danses en ligne, sur un seul rang. Ils roulent les yeux et les écarquillent, ils montrent leurs dents blanches et tournent la tête en tous sens en offrant de larges sourires. Ils ondulent légèrement, s'avancent l'un après l'autre, font tinter les clochettes fixées à leurs chevilles, le but étant de se mettre en valeur, pour que les femmes présentes dans l'assemblée choisissent les plus beaux d'entre eux. C'est un système complexe et propre aux Wodaabe, leur permettant des liaisons libres et exogames suite à ces danses, système destiné à maintenir l'unification tribale.

-Burkina Faso. La voix des Peuls (Chant du Monde/CNRS CNR2741079) MK4542

-Niger. Peuls Wodaabe. Chants du worso. (Inédit W260081) ML7864

-Nomades du désert. Les Peuhls du Niger (Playa Sound PS65009) ML7861

-Jeux de flûtes des bergers peuhls (Peoples PEOCD844) ML5826

-African flutes (Folkways F-4230) ML0530

Voir également le corps du texte pour les relations entre musiques peul et mandingue et la chanson actuelle.

Les Songhaï.

Eleveurs, agriculteurs et pêcheurs, les Songhaï vivent au Mali et au Niger. Leur société actuelle doit beaucoup aux nombreux métissages de peuples et de cultures qui ont contribué à la façonner. Les musiques demeurent essentielles et les griots jouent leur rôle.

-Niger. Haoussa, Songhay, Zarma (Philips Prophet 538715-2) ML7923

-Niger. Epopées zarma et songhay. Jibo Baje (Ocora C560127) ML7935

Les Touareg.

On a vu dans la publication «Africalia I. L’Afrique du Nord» que les Touareg sont déjà présents sur les territoires d’Algérie et de Libye. Ils sont également nombreux au Niger et au Mali, pays qu’ils ont parfois dû fuir suite à de violentes répressions après leurs revendications autonomistes ou simplement humaines.

Ils sont encore éleveurs nomades, issus de populations berbères venues vers le Sahara au départ du Maroc et de la Libye.

La femme joue un rôle important au sein des expressions musicales touarègues. Elle chante, joue le tambour tindé et la vièle monocorde imzad. Celle-ci accompagne une poésie chantée qui ne porte pas de nom précis commun aux différents groupes touaregs (on dit parfois tesâwit dans les régions du sud). Souvent, la musicienne accompagne de son jeu le chant d’un homme. Elle peut aussi jouer la mélodie en solo ou encore chanter elle-même. Elle peut encore composer ou improviser de nouvelles pièces accompagnées des battements de mains de l’assistance. On connaît peu de joueuses d’imzad aujourd’hui.

Le tindé est un mortier à piler le grain. Lorsqu’il est couvert d'une peau de chèvre, il peut servir de percussion. Il accompagne un genre musical touareg appelé aussi tindé. Le tindé est chant, danse et rassemblement à dimension musicale. Il est exécuté par une soliste qui chante une forme poétique traitant des héros, de hauts faits de guerre, de la valeur des femmes. Parfois, il s’agit de chants de séduction et d'envoûtement exécutés pendant les parades des chameaux qui tournent autour des femmes exécutant le tindé. Un choeur d'hommes et de femmes répond à la soliste et frappe des mains. Le tindé anime de grands rassemblements, la parade de chameaux ou les réunions de séduction. Le tindé nomnas est constitué de chants de louanges essentiellement; le tindé n'gouma est lié à la possession, il comprend des chants d'exorcisme.

Les hommes jouent le teherdent, un luth à trois cordes qui est l'instrument des griots aggouten, poètes et conteurs. Teherdent est aujourd'hui l'appellation d'un style de chant masculin très répandu dans les régions touarègues du sud mais également en Algérie. Le chanteur s'accompagne sur ce luth (parfois à la guitare depuis peu) auquel se joignent les battements de mains de l'assistance. Le teherdent est un genre qui s'est urbanisé. On y chante encore l'histoire, les héros du passé et leurs combats, mais aussi le présent, l'exil, les changements de société.

-Touareg du Mali (Philips Prophet 464488-2) ML5833

-Tartit. Amazagh (Fonti Musicali fmd210) ML6890 et Ichichila (Network 36584) ML6891

-Imzad du Tassili N’Ajjer (Al Sur ALCD122) MJ1533 (Algérie)

-Ikewan.Tuareg memories (Long Distance 3020172) MJ1538 (Algérie)

-Hoggar. Musique des Touareg. (Chant du Monde LDX274974) MJ1535 (Algérie)

-Touareg, Vol.II. Tindé du Tassili N'Ajjer (Al Sur ALCD123) MJ1534 (Algérie)

-Anthologie de la musique du Niger (Ocora C559056) ML7920

Les Senoufo.

Les Senoufo vivent essentiellement d’agriculture sur des territoires répartis entre le Mali, le Burkina Faso et le Ghana. Ils sont divisés en nombreux sous-groupes, parmi lesquels les Fodonon qui ont un ensemble très complexe de musiques liées aux funérailles et comprenant divers types d’expressions parmi lesquelles musiques et danses de masques jouent un rôle essentiel. Ceux-ci sont liés aux sociétés secrètes et ont des rôles précis variant selon le type de funérailles (homme ou femme).

-Côte-d’Ivoire. Veillée funéraire Sénoufo-Fodonon (Auvidis Unesco D8203) MK8743

-Côte-d’Ivoire, Sénoufo. Musiques des funérailles Fodonon (Chant du Monde/CNRS CNR274838) MK8742

Les Wolof.

Peuple de Gambie et du Sénégal, les Wolof vivent en zone sahélo-soudanienne et s’adonnent à l’agriculture, l’élevage et la pêche. Leur langue est la langue nationale du Sénégal. Ils connaissent les castes de griots (gewel) et des jeux de percussions importants.

-Tabala wolof. Sufi drumming of Senegal (Village Pulse VP-1002) MM1136 et MM1480

-Sabar wolof. Dance drumming of Senegal (Village Pulse VP-1003) MM1137 et MM1603

-Wolof music of Senegal and the Gambia (Folkways F-4462) MM1045

Les Yoruba.

Voir le texte: «Le Nigeria, le Bénin et les Yoruba».

BIBLIOGRAPHIE.

The New Grove. Dictionary of Music & Musicians. Edited by Stanley Sadie.
MacMillan Publishers Limited. London. 1980. Vingt volumes.

Dictionnaire des Peuples. Sociétés d’Afrique, d’Amérique, d’Asie et d’Océanie.
Sous la direction de Jean-Christophe Tamisier. Larousse. Paris. 1998

Guide Totem. Les musiques du monde. Sous la direction de François Bensignor.Larousse. Paris. 2002.

Francis Bebey. Musique de l'Afrique, Horizons de France. 1969. (épuisé).

Eno-Belinga. Littérature et musique populaire en Afrique noire., Editions Cujas. 1965.

Etienne Bours. Dictionnaire thématique des musiques du monde, Fayard. Paris. 2002.

Monique Brandily. Introduction aux musiques africaines. Cité de la musique/Actes sud. Arles. 1997. (avec un CD).

Eric Charry. Mande music. Traditional and modern music of the Maninka and Mandinka of Western Africa, The University of Chicago Press. Chicago and London. 2000.

Samuel Charters. The roots of the blues. An African search. Quartet Books. London. 1982. 

Banning Eyre. In griot time. An american guitarist in Mali. Temple University Press. Philadelphia. 2000.

Gerhard Kubik. Africa and the blues, University Press of Mississippi. Jackson. 1999.

Henri Lecomte. Guide des meilleures musiques du monde en CD, Bleu Nuit éditeur. Paris. 2001.

Véronique Mortaigne. Cesaria Evora. La voix du Cap-Vert, Actes Sud. Arles. 1997. 

E. Nago Seck et Sylvie Clerfeuille. Les musiciens du beat africain, Bordas. Paris. 1993.

Chris Stapleton & Chris May. African all stars. The pop music of a continent, Paladin. London. 1989.

Frank Tenaille. Le swing du caméléon. Musiques et chansons africaines 1950-2000, Actes Sud. Arles. 2000.

Christopher Alan Waterman. Juju. A social history and ethnography of an African popular music, University of Chicago Press. 1990.

Musiques du monde, produits de consommation ?
Le livre

Il y a peu encore, les musiques du monde étaient ethniques, traditionnelles ou folkloriques. Aujourd'hui, on les désigne sous le vocable fourre-tout de "world music. Aussi vaste que le monde lui-même, ce concept intègre toutes sortes de sonorités, de métissages et de courants musicaux régionaux ou planétaires, pour autant que ceux-ci viennent d'ailleurs et répondent à notre immense besoin d'évasion. Mais cette appellation généreuse dissimule en réalité un gigantesque marché soumis à d'impitoyables logiques de rentabilité.

Les auteurs de ce livre démontent les mécanismes de la déviance du grand brassage de cette "mondialisation" et resituent à leur juste place les expressions musicales des peuples du monde depuis l'enregistrement de terrain à la production discographique ou à la présentation sur scène.

L'enjeu est de taille, car il s'agit bien ici de la sauvegarde de patrimoines immatériels menacés et, a fortiori, des rapports Nord-Sud en général, ainsi que de la responsabilité de chacun par rapport à l'image véhiculées, ou consommée, de la culture de l'Autre. 

Les auteurs

Laurent Aubert, Pierre Bois, Etienne Bours, Albert Dechambre, Pierre Hemptinne, Henri Lecomte

 

 

 

Colophon

Cette association concentre depuis sa création en 1994 l'essentiel de ses activités sur l'information et l'éducation au développement en Belgique. 

Pour commander cet ouvrage et ceux de la collection Essais:

Consortium 6 novembre c/o colophon asbl
(Colophon Editions & Records)
25 rue Gratès - B 1170 Bruxelles
Belgique

tél: 32 (0)2 675 81 56
fax: 32 (0)2 675 83 27
www.colophon.be

La collection

Cet ouvrage est produit par le Consortium 6 novembre, dans le cadre de ses actions communes d'information et d'éducation au développement, avec l'appui de la Coopération internationale (DGCI). La démarche éditoriale du Consortium 6 novembre se veut pluraliste et à l'écoute des  acteurs de la société qui oeuvrent pour plus de justice et de solidarité dans les rapports Nord-Sud.

Les ouvrages de la collection Essais s'adressent à tout lecteur sensibilisé aux problématiques liées à la coopération Nord-Sud, à la solidarité internationale et, de manière générale, à la citoyenneté, au-delà de tout clivage philosophique, linguistique ou autre, qu'ils entendent précisément transcender